Archive: February, 2013

La Jamahiriya d’hier et d’aujourd’hui (2008)

La Jamahiriya d’hier et d’aujourd’hui

L’article de Maya GHANDOUR HERT L’Orient-Le Jour

VIENT DE PARAÎTRE – « Translating Libya » (Traduire la Libye) d’Ethan Chorin aux éditions Saqi

La Jamahiriya d’hier et d’aujourd’hui

L’article de Maya GHANDOUR HERT

À mi-chemin entre l’anthologie et les carnets de voyage, « Translating Libya » (Traduire la Libye) d’Ethan Chorin donne un aperçu assez éloquent de la « Jamahiriya » à travers la plume de seize nouvellistes libyens. Le diplomate américain y ajoute son grain de sel en introduction de chaque histoire en relatant ses pérégrinations dans les villes et les régions qui y sont citées. Ces écrits, qu’il a pour la plupart traduits lui-même de l’arabe vers l’anglais, « reflètent la mosaïque de ce pays qui se coupe et se recoupe comme un puzzle géant », précise l’auteur dans l’introduction. Publié aux éditions Saqi, en association avec le London Middle East Institute at SOAS. Ethan Chorin a été le premier attaché commercial et économique depuis la fermeture en 1980 de l’ambassade US en Libye. Bardé de diplômes (un Ph.D. en agriculture et ressources économiques de U.C. Berkeley, un M.A. en sciences politiques internationales de Stanford et un B.A. en littératures et langues du Proche-Orient de Yale), il maîtrise, outre l’arabe, le français, le farsi et l’hébreu. Une bourse Fulbright-Hays l’a mené au Yémen, en Jordanie et en Erythrée où, de 1998 à 2000, il a étudié la compétition entre les ports de la mer Rouge. Avec Translating Libya, il ouvre une fenêtre sur la Libye d’aujourd’hui, un pays qui subit une transformation urbaine ultrarapide, une société à la pointe du mouvement de modernisation et d’ouverture, et une industrie touristique naissante. Il ne faut pas l’oublier, la Jamahiriya est passée en l’espace de quelques années du statut d’« État voyou » et de « banquier du terrorisme international » (c’est ainsi que les États-Unis ont pendant longtemps présenté le pays du colonel Kadhafi) à celui d’une nation dont la fréquentation est hautement recommandée. Mieux, la Libye s’est même offert le rang envié de marché émergent. Quand le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé, il y a cinq ans, la décision de lever les sanctions économiques imposées en 1992, le gouvernement libyen s’est lancé sans attendre dans une course contre la montre pour effacer les stigmates causés par onze années d’isolement. Les préjugés entretenus sur la Libye – souvent perçue comme un pays fermé, inhospitalier et allergique aux valeurs et à la culture occidentales – sont en train de s’effriter.Pour se faire une idée de ce qu’est la Libye aujourd’hui, il ne faudrait pas trop prendre pour référence l’actualité – souvent abondante, mais au fond peu pertinente – liée aux activités du fantasque guide de la révolution libyenne, le colonel Mouammar el-Kadhafi. Il est plutôt conseillé de se fier à la littérature se rapportant à ce pays, produite durant ces vingt dernières années. La littérature libyenne est en effet d’une extrême fécondité. Réduite assez souvent au seul nom du plus célèbre des écrivains libyens, le romancier Brahim Kouni, mal diffusée, peu traduite, cette littérature est très peu connue de la part tant des publics arabes que du lectorat occidental. Ethan Chorin a donc trouvé le bon filon : fouiller dans cette riche production, la défricher, en dénicher des thèmes divers et les diviser par régions. Ainsi, chaque nouvelle publiée dans cet ouvrage se réfère à un village ou un lieu. Le tout est divisé en trois grandes régions géographiques, Est, Ouest et Sud, qui correspondent aux provinces de la période préindépendance de Cyrenaica, Tripolitania et Fezzan. Ces écrits sont également disposés de manière chronologique et racontent ainsi les grandes étapes de l’histoire contemporaine de la Libye. De la Seconde Guerre mondiale à l’ouverture à l’Occident ou Infitah, en passant par l’indépendance en 1951, la découverte du pétrole en 1959, la révolution de Kadhafi en 1969 et la période de sanctions (1991-2003). Chorin indique par ailleurs que le processus de collecte des nouvelles était plutôt ardu et anecdotique, et mériterait un pamphlet à lui seul. Dans la préface, le diplomate Richard W. Murphy compare cet ouvrage à un livre de voyages qui contiendrait des annotations historiques et culturelles, pimentées par les commentaires de l’auteur. « Les histoires choisies sont liées à des lieux visités. Côté thèmes, il y a là des légendes, des paraboles historiques, mais aussi des préoccupations plus contemporaines, indique l’ancien secrétaire d’État adjoint pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Chorin promène le lecteur à travers ce pays qu’il compare à un puzzle géant. Précédant chaque nouvelle traduite, on trouve un explicatif historique sur le lieu mentionné. »

 

Littérature déprimante ? « Au début de l’ouvrage, le chapitre intitulé “Place and Identity” (Lieu et identité) tente de percer le mystère principal de cet ouvrage, note encore Chorin. Où sont partis les gens et les lieux ? » Chorin tente d’y répondre dans les six derniers chapitres. Pour cela, il s’inspire directement des problèmes socio-économiques observés sur le terrain ou des thèmes mentionnés dans les nouvelles. L’essai intitulé « Three Generations of Economic Shock » analyse, par exemple, comment si peu de choses – mais aussi tant de choses – ont changé depuis la découverte du pétrole en 1959. « Migration » décrit la manière dont la société a été construite sur le plan démographique. « Minorities » examine la position des minorités ethniques et religieuses avant 1967. « The Libyan Psyche » explique pourquoi la majeure partie de la littérature libyenne est si déprimante. Et « Libyan Women : Moving Backwards, Forwards or Looping for a Third Way ? » scrute une contradiction majeure dans la société libyenne et qui se situe entre l’image de la femme révolutionnaire et la manière dont la majorité des femmes choisissent de vivre leur vie. D’une nouvelle à l’autre, l’auteur privilégie une écriture réaliste qui est déterminée par des exigences référentielles. On trouve là des auteurs au style rigide, académique. Et d’autres, comme Ali Mustapha Mosrati, qui affectionnent, dans leur description de l’espèce humaine, le détail croustillant, la banalité précieuse des gestes et des manies de la vie de tous les jours, le grossissement des traits et des habitudes qui caractérisent certains types sociaux (l’avare, l’ignare, le fanfaron, le cynique, etc.) et l’humour doux-amer.L’un des doyens de la littérature narrative libyenne, nouvelliste et portraitiste prolixe, habile et observateur sagace, Mosrati, épingle les travers de la condition humaine par le biais d’un regard de satiriste qui n’est pas sans rappeler celui de La Bruyère ou de Molière… Translating Libya se présente donc comme un miroir grossissant braqué sur la Libye contemporaine, mais qui reflète également l’influence des Romains, de l’occupation italienne et le flux des travailleurs étrangers venant de l’Afrique profonde. Voilà une lecture enrichissante, un mélange de commentaires socio-économiques épicés d’observations ethnologiques, greffés de témoignages d’auteurs venant de divers milieux et « écoles ». Bienvenue au pays du colonel révolutionnaire !

Maya GHANDOUR HERT jeudi 21 février 2008 5:00 Beyrouth

Djibouti Diary, Part II

While I had often thought of making the short boat-trip from Aden to Djibouti while based in Aden in the late 90s, I first arrived in this Red Sea micro-state in December, 2011,  to oversee the production of a promotional video on the launch of the Dubai-Ports run Doraleh Container Terminal (DCT), a $300 million,  state of the art facility. The film included an interview with Djiboutian President Ismael Omar Guelleh (known in French political fashion by the three letter initials “IOG”), in which he thanked Dubai for having confidence in Djibouti over the previous decade, investing heavily when the country could count on no-one else. The un-cut version of the short began with a majestic over-water helicopter panorama of the Djibouti shore, blending into a shot of underfed, grazing camels, over which the President’s voice boomed in Arabic,  “Thanks to our friends in Dubai…”

It was during either this visit or a subsequent trip, that I had an opportunity to sit in on a talk given by Gail Goodridge of FHI, Family Health International, on the ROADS program at a conference of COMESA  held (no coincidence), at the Dubai-funded Kempinski Hotel.  USAID had developed ROADS within the Great Lakes States– Uganda, Rwanda, Kenya, several years previous.  USAID and its implementation partner FHI were implicitly, if not explicitly, looking at that time for outside funding to supplement an ambitious, but underfunded initiative — this despite the large amounts of PEPFAR monies allocated by the Bush administration to combat HIV/AIDS in Africa.

Goodrich’s compelling talk on the structure of the ROADS program and its target populations– transport workers, and vulnerable populations along the Ethiopia-Djibouti corridor),  deepened my thinking about the kinds of environments in which Dubai was increasingly active– desperately poor, post-conflict states, which had experienced some massive shift in its strategic and/or commercial relevance. In Djibouti’s case this was the sudden shift of 80% of Ethiopia’s exports and imports from the Eritrean ports of Assab and Massawa, following the 1998 Ethiopia-Eritrea war.  If one were to “base” a multinational corporate responsibility effort on some activity, linked to core business, and stakeholders in these “newly found” cash cows– Mozambique and Senegal were two other members of Dubai Ports’ portfolio, with Maputo (Mozambique) inherited from the company’s merger with the venerable P&O in 2006.

— EDC

 

The ‘Boston-Benghazi’ Initiative

On February 12, Massachusetts General Hospital (MGH) hosted a dinner in Boston in honor of Dr. Anne Stevens, the sister of the late Ambassador Christopher Stevens, and a team of senior administrators from Benghazi Medical Center (BMC). There were separate meetings regarding a Memorandum of Understanding (MOU) that it is hoped will lead to progress on expanding trauma/emergency medicine capacity at Benghazi Medical Center, despite the dangerous situation prevailing in the city following the attack on the US compound, September 11, 2012.   The partnership between BMC and MGH was initiated, and intensively facilitated over the course of a year, by the Avicenna Group (Co-founders Ethan Chorin and Omar Benhalim), with generous support from the American public and the Libyan diaspora.  MGH was one of many US teaching hospitals Avicenna approached in the Summer of 2011, with respect to engagement with BMC. MGH’s leadership deserves significant credit for considering this possibility, and its continued engagement to assist the people of Benghazi.  The Avicenna Group is a 501(c)(3) organization committed to building medical capacity in post-conflict environments. — EDC

Marib Modern: Part I, Yemen Diaries (1997-2000)

This is the first of a number of posts, culled from an unpublished memoir of three years spent in Yemen and the countries of the Red Sea.   The intent is to give a sense of what life was like for an American (in my case, an American student), living in and traveling through parts of Arabia, Africa and the Middle East, that are no longer ‘acccessible’ — or one might even say, even enjoyable– to the degree they were, even 10, 20 years ago.  Many of the entries are on one of my favorite places in the region, Yemen, and my favorite city, Aden.  At this point, it’s a mix of diary entries, local news clippings I found amusing, telling, or downright prescient.   The period is the few years just before the Cole Bombing, 1997-2000; locations include Yemen, Eritrea, Jordan, Israel, Mauritius, Reunion and the Gulf States.

–EDC

 

From “The Paramount Sheikhs of Yemen: They have their own Courts and Armies”, Al Majallah, March 16, 1997

“Looking for Sheikh Bin XXXX, Marib Sheikh of Sheikhs,” reads the caption under a picture (shot from a very low angle, looking up) of a wizened sheikh wearing a long white beard and a powder-blue ghalabiyya, standing on a rock:

Age: 60 years

Term as sheikh: 15 years

Marital status: married, 7 wives

Family: 27 children, 167 grandchildren

Preference/hobbies: loves the desert, is proud of his Bedouin origins, and hates big cities.

Military status: a Colonel in the reserves, he doesn’t much like the thought of a political career. He maintains cordial relations with many prominent government officials.

Foreign travel: has visited France, Germany and the former USSR.

Quote:  “God loves you, People of France, as he gives you rain all year long– but I think perhaps, you deserve it.”

 

Djibouti Diary: The Story of Two Ports & A Clinic (Part I)

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February 8, 2013

Doesn’t look like much –a lean-to and some wooden pallets, along a bit of desolate highway near the ultra-modern Doraleh Container Terminal, built by Dubai Ports World in the Red Sea State of Djibouti in 2008/2009– but this photo appears to be evidence that a potentially important health initiative may finally have been unstuck after more than 2 years. During this time, parts for a new clinic, meant to serve more than 30,000 patients a year, were left sealed in three shipping containers. The project, linked to a broader initiative called ROADS, and billed as the first-ever “U.S.-Djibouti-Dubai Public Private Partnership” was designed with the hopes it would become a model for primary care service provision for some of the poorest and harshest environments in Africa.

A development economist, then working for Dubai Ports (which runs more than 30 ports globally),  I effectively managed the design and rollout this project for close to three years, with strong backing from USAID’s Mission director Stephanie Funk, colleagues at Dubai Ports, and USAID’s implementing partner, Family Health International (FHI).

ROADS, as originally conceived by  Jeff Ashley, a veteran USAID hand, and advocated by the inspirational Gail Goodrich, then with FHI, was meant to prevent HIV/AIDS infections among vulnerable populations along a couple of major African transport corridors, by providing shelter and recreational space for truckers, mobile/displaced populations and local villagers at manned, roadside outposts. At these “SafeTStops”, visitors received information about how HIV/AIDS is transmitted, contraceptives, and some basic health counseling.

Some of the main enhancements to the ROADS model included 1.) expanding the range of services provided, from HIV information to a more robust array of primary care (addressing nutritional deficiencies, obstetrics, TB , etc.) based out of a ‘hub’ , that would serve the “route”– a section of 600 miles of highway– and as well as a provisioning and administrative center for a series of health posts placed up and down the corridor  2.) Changing the architectural/design paradigm, by sequentially replacing the baking-hot shipping containers from which these structures were made, with more inviting, durable, easy to assemble, easily sanitizeable and secured materials, and for which there was a permanent source of power (solar, in this case) 3.) linking the hub facility to the radiating outposts via satellite Internet, so that a patient’s health records, as rudimentary as they might be, could follow them beyond any single facility. Direct internet access powered a series of health tutorials, to be provided by Dubai Ports’ suppliers and enabled Skype communication between truckers and their families often thousands of miles away. 4.) Feeding micro-economies in the shadow of the clinics and outposts — a canteen, or a souvenir shop, or a cell phone charging station, for example.

–EDC